Interview de Sacha Stellie

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Sacha Stellie est née à Paris en 1972.    

Des études littéraires, une formation de publicitaire, elle est aujourd’hui auteur de deux romans « Le choix des tricheurs » et « la Vie Rayée ». Pour ce dernier roman sorti en 2016, Sacha a bien voulu se prêter au jeu de l’interview, merci à elle ! 

 

Quel est votre parcours ? Comment en êtes-vous venue à l’écriture ?

Je crois que j’ai toujours écrit. Je n’avais pas dix ans lorsque j’ai écrit mon premier roman (une histoire policière certainement ennuyeuse à mourir). Tout naturellement, j’ai suivi des études littéraires puis, comme je suis plus une créative active qu’une contemplative classique, je me suis ensuite tournée vers un master de publicité. Mes écrits étaient très confidentiels jusqu’à ce que je décide de publier, il y a deux ans.

Comment vous est venue l’idée de ce roman ? Quel message souhaitez-vous faire passer ?

Le postulat de départ était de raconter une histoire de liens forts qui unissaient des êtres, des relations intenses que rien ne pouvait distendre, des rapports profonds et fiables dans ce monde où rien ne semble plus l’être. J’ai élargi l’idée et ai glissé vers un certain enfermement, une sorte d’entrave au bonheur, une prison dorée en quelque sorte.

Le message que j’ai souhaité transmettre dans ce deuxième roman est l’idée que l’on ne doit jamais abandonner. Que l’on doit cultiver l’espoir, coûte que coûte. Que le bonheur n’est ni une science exacte, ni un bon numéro de loterie et que surtout, il n’est jamais flagrant. Il ne faut pas l’attendre mais le débusquer. Il est partout, tapi au fond de chacun. Il suffit d’être vigilant et attentif.

Vos personnages sont très travaillés. Vous inspirez-vous de personnes réelles ou les inventez-vous de A à Z ?

Ce sont de pures fictions. Ils naissent tout seul. Ils s’inventent, se construisent, se façonnent et évoluent. Ils occupent la part belle dans mes histoires. D’ailleurs, mes romans sont plus une galerie de portraits que des histoires complexes. Ce que j’aime raconter, ce sont des tranches de vie. De jolis moments à travers des gens normaux. J’aime les gens, je ne connais pas de sujet plus passionnant. Pendant toute la durée du travail d’écriture, mes personnages me semblent presque réels. Comme de bons amis qui me font rire ou pleurer, selon… Lorsque le roman s’achève, j’éprouve une réelle douleur à les quitter. Puis un grand manque. Je pense que tout auteur porte en lui une petite dose de schizophrénie, non ?

Comment qualifieriez-vous votre genre de romans ?

Un lecteur un jour a comparé « La vie rayée » à un bon film touchant et drôle. Depuis, j’aime dire que j’écris des comédies dramatiques. J’aime aller en profondeur des sentiments et disséquer les émotions mais j’aime aussi préserver une certaine spontanéité. Je cultive un goût certain pour le cocasse et la dérision. La dérision est, depuis toujours, ma meilleure alliée, je lui dois beaucoup. Disons que j’essaie de lui rendre hommage à ma manière.

Vous avez publié La Vie Rayée en autoédition. Pourquoi ce choix ?

Au départ, c’était par humilité. Je n’oserais pas avoir la prétention d’intéresser un quelconque éditeur. Malgré cela, mon projet me tenait à cœur et je souhaitais aller au bout de mon aventure : tenir mon livre entre mes mains. Alors, je me suis lancée. Lorsque l’on choisit l’autoédition, écrire est la partie la plus simple. C’est la suite qui se corse. La correction tout d’abord… Les heures et les heures passées à scruter chaque mot, chaque phrase, chaque tournure, chaque accord… Les contingences techniques de mise en page ensuite (la réalisation de la couverture, le choix de l’imprimeur, les coûts…) et la difficulté de la diffusion (choisir sa plateforme, se faire connaître, organiser des événements, susciter les achats…)

Autant d’obstacles qui, au final, font de ce parcours un enrichissement permanent.

L’autoédition est donc aujourd’hui un choix qui me confère une liberté infinie et me procure une grande satisfaction au quotidien.

Quels sont vos livres/auteurs préférés ? Ceux qui vous ont inspirée ?

Ma première véritable révélation fut pour « Creezy » de Félicien Marceau prix Goncourt 1969. Je l’ai lu très jeune aux alentours de douze ans et je me souviens avoir été subjuguée par le personnage perdue de cette femme icône de mode et pourtant si seule. J’ai aimé le maniement des mots de l’auteur qui bouleversait tous les codes classiques de la littérature que j’avais étudiée jusque là sur les bancs de l’école.

Ensuite, il y a eu Sagan, Duras, Sand, Colette…

Puis plus tard, Boris Vian et Samuel Beckett. On peut relire leurs livres mille fois, ce n’est jamais la même œuvre que l’on découvre. Depuis eux, j’ai une prédilection significative pour l’absurde. J’aime l’idée de renversement d’angle et le courage de sourire là où il n’y a, en surface tout du moins, que du tragique.

Mon livre de chevet est « Paroles » de Jacques Prévert pour son apparente simplicité et sa réelle profondeur. Il est celui qui, en quelques strophes, parvient à m’insuffler de la légèreté lorsque le monde me semble de plomb.

Plus contemporain, j’aime les vieux romans de Catherine Pancol, lorsque son style était moins lissé par le dictat des maisons d’édition, toutes les œuvres d’Anna Gavalda qui me touchent à chaque ligne. J’ai tendance à bouder les polars mais j’aime le style de Bernard Minier très énigmatique et celui de Fred Vargas qui a quelque chose de Frédéric Dard.

Ma dernière très belle découverte est Iris Murdoch, une romancière britannique née dans les années 20 à l’humour noir exquis… Je conseille.

Un troisième roman est-il en préparation ?

Oui, évidemment ! L’écriture est une drogue. Il ne faudrait jamais commencer.

Cela fait plusieurs mois que je suis dessus. Je viens de terminer ma phase de recherches et de construction. Je ne commence jamais à écrire avant que tout ne soit bien structuré dans mon esprit. J’ai d’ailleurs écrit la première phrase hier.

Vous la voulez en avant première ?

Et comment !

« Cela faisait dix jours que rien de coloré n’avait traversé la vie de Léopoldine. »


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5 réflexions sur “Interview de Sacha Stellie

  1. Pingback: De Lucie à Loli

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