Les réseaux d’écrivains publics : avantages et inconvénients

 

Le métier d’écrivain public est un métier souvent solitaire. Pour pallier cet isolement, que personnellement je trouve très appréciable, certains professionnels de l’écrit se sont regroupés en réseaux. Pour celui qui veut se faire connaître et reconnaître par ses pairs, appartenir à un de ces réseaux est toujours un plus.

Les réseaux les plus connus

Cette académie réunit les écrivains publics dans leur ensemble et propose (ou plutôt impose) l’obtention d’un agrément. Cet agrément a un coût, auquel il faut ajouter une journée de formation payante pour les personnes exerçant depuis moins de deux ans, ainsi que des frais de déplacement/ hébergement/ nourriture pour ceux qui sont trop éloignés de Paris (afin de passer les épreuves). L’AEPF organise entre autres des journées d’information plusieurs fois par an.

Le GREC rassemble les Ecrivains Conseils®. L’adhésion au réseau se fait après examen du dossier et validation par un « garant » qui rencontre le postulant. Le réseau organise un Forum annuel. Le lieu et la date ne sont pas fixes d’une année sur l’autre. Le site du GREC dispose aussi d’un forum de discussion pour les professionnels, ce qui peut être très instructif car cela permet d’échanger avec d’autres écrivains conseils et d’en demander, justement, des conseils.

Le SNPCE est un syndicat. Il agit donc plus concrètement sur le terrain, notamment dans la défense des droits des professionnels de l’écrit. Tiré de leur site :

* recevoir chaque semaine dans sa messagerie une sélection d’avis de marchés publics susceptibles d’intéresser les PCE sur la France entière ;
* bénéficier des services d’un vrai comité d’entreprise via l’abonnement du SNPCE à la société Kalidea ;
* avoir accès à la caisse de solidarité mise en place par le syndicat, dont les fonds sont alimentés par des dons et les intérêts d’épargne du SNPCE ;
* disposer d’un accès gratuit à tous les titres de notre librairie ;
* pouvoir participer gratuitement aux ateliers de formation organisés par le syndicat ;
* avoir droit à une réduction sur les frais de certification Voltaire ;
* avoir à sa disposition des CGV types, validées par une avocate d’affaires ;
* pouvoir souscrire à une assurance RC pro parfaitement adaptée aux métiers de l’écriture, mise au point par Allianz en collaboration avec le SNPCE et proposée à un tarif tout à fait intéressant.

Concrètement, appartenir à ce syndicat peut être a priori profitable, d’autant que l’adhésion est divisée de moitié si vous appartenez à un autre réseau (comme le GREC). Je n’ai pas encore d’avis concret sur ce syndicat. Si vous en faites partie, n’hésitez pas à donner votre avis dans les commentaires.

Le réseau des NPI rassemble les écrivains publics spécialisés dans la rédaction des récits de vie. Créé à la fin des années 1990, c’est un réseau connu qui propose un cadre de travail pour les écrivains biographes. Un cadre de travail un peu rigide peut-être ? Je reviendrai dessus plus loin.

Attention, Plume et Buvard n’accepte que ceux ayant obtenu la licence professionnelle de la Sorbonne Nouvelle. Elitisme ?? Rhôô que non point ! Il s’agit juste de proposer aux clients une prestation de qualité…et de ne promouvoir qu’une seule formation au métier, quand plusieurs autres existent et sont tout aussi formatrices (pour plus de détails sur les formations, les diplômes et formations au métier d’écrivain public). C’est un parti pris…

Il semblerait que cette association soit focalisée sur les écrivains publics résidant dans le Sud-Est de la France (mais je me trompe peut-être, le site n’est pas très explicite sur ce point).

 

Pour adhérer à ce réseau, il faut suivre au préalable une formation. Combien de temps ? De quel type ? Où ? Quand ? Combien ? Pour obtenir ces informations, il faut contacter directement le formateur, et je dois bien avouer que je n’en ai pas encore eu le temps ! Dommage que cela ne soit pas indiqué directement sur le site. Personnellement, c’est un des réseaux que j’envisage de rejoindre. Il me semble intéressant et laisse, malgré l’adhésion à une charte, une liberté suffisante à ses membres. C’est du moins ainsi que le montre le site Internet. En revanche, quid des tarifs d’adhésion ?

Ce ne sont bien sûr pas les seuls réseaux qui existent. Il y en a de nombreux autres, souvent locaux.

Rejoindre un réseau : les avantages

L’avantage principal et que prône chacun de ces réseaux, c’est la rupture de l’isolement. Il peut être très bénéfique de rencontrer ses pairs et d’échanger avec eux. Cela permet une nouvelle approche. Participer aux forums, formations et journées d’information proposées par ces réseaux engendre une réflexion approfondie sur la profession et permet de ne pas s’endormir sur ses acquis.

Cela permet aussi de se faire connaître par les autres professionnels. C’est un plus indéniable. Pour le client, c’est en outre un gage de qualité, même s’il ne suffit pas selon moi d’intégrer un réseau pour être un bon écrivain public ! Quoiqu’il en soit, il est évident que cela peut jouer dans la balance.

Rejoindre un réseau : les inconvénients

 

L’inconvénient majeur de ces réseaux, c’est qu’ils ne sont pas gratuits. Normal, vous me direz. Mais pour qui débute dans la profession, ça fait mal. Un trou conséquent dans le budget. Comptez 11 € par mois pour le GREC (la première année d’adhésion) soit 132 € pour une année complète ; 120 € pour le SNPCE (60 € pour ceux qui font partie de certains réseaux). Certains réseaux pratiquent des tarifs plus accessibles, comme EPACA-Sud (50 € pour l’adhésion de base).

Le second problème qui se pose, c’est la liberté de l’entrepreneur face à un réseau régi par des chartes plus ou moins contraignantes. La plupart de ces règles sont en fait du bon sens pour qui veut exercer de manière respectable. D’autres sont plus discutables. Ainsi le réseau des NPI fixe les tarifs à pratiquer et la manière de travailler, et jusqu’à l’imprimeur pour la finalisation des récits de vie. Un imprimeur imposé donc pour faire partie de ce réseau, quand tant d’autres imprimeurs font du travail de qualité dans le secteur à des prix très compétitifs. L’imprimeur est situé en Bretagne. Pour moi qui suis en Gironde, ce prestataire ne représente aucun intérêt ! À préciser également que l’imprimeur des NPI est en fait un éditeur à compte d’auteur, ce qui peut faire dresser un sourcil légèrement interrogateur… Est-ce un atout pour le client ou une contrainte ? Un peu des deux, sans doute. A titre personnel, j’aurais tendance à freiner des quatre fers. Au-delà de la liberté de l’entrepreneur se pose donc également la liberté du client !

Il y a dans certains de ces réseaux un caractère élitiste qui personnellement me dérange profondément. Prenons l’exemple de l’Académie des Ecrivains Publics de France : pour intégrer ce réseau, il faut au préalable obtenir l’agrément qu’il décerne, agrément qui a un coût, comme je l’ai expliqué précédemment. Ce parti pris exclut délibérément les professionnels de l’écrit qui ont des revenus peu élevés.

Quant aux certifications et formations proposées – voire imposées comme à l’AEPF, je ne peux pas les juger dans leur contenu. En revanche, elles sont relativement onéreuses et demandent à disposer d’une enveloppe de départ. Pour quel résultat ? Quelle reconnaissance ? Je ne saurais me prononcer.

En outre, des problèmes pratiques se posent. Par exemple, au GREC, l’idée d’un garant qui teste préalablement à la première adhésion le postulant me semble une très bonne méthode, équitable et intelligente. En revanche, les garants ne couvrent pas l’ensemble du territoire. En Aquitaine notamment, aucun garant. Comment faire dans ce cas ? Cela suppose du temps et des frais supplémentaires pour le postulant… Espérons que le nombre de garants augmentera avec le temps.


En me relisant, je constate que j’ai développé nettement plus les inconvénients que les avantages. Il y aurait encore beaucoup à en dire.

Et vous, qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à partager votre expérience, en commentant cet article. Si vous avez des questions, j’y répondrai dans la mesure du possible.

2 réflexions sur “Les réseaux d’écrivains publics : avantages et inconvénients

  1. marin397 dit :

    Article très bien fait.
    Je réfléchis moi-même à m’installer comme écrivain public et j’avais regardé les différetns réseaux qui existaient, mais je ne savais pas trop quoi en penser.
    Merci pour cet article!

    Aimé par 1 personne

  2. constance duvernois dit :

    Personne sérieuse,efficace et de bon conseil,au delà de son très bon travail pour mon récit de vie,c’est une personne chaleureuse et disponible.Merci à vous Lucie et bonne continuation.Cordialement.Constance D.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s