Pourquoi ? Parce que…et surtout !

Ce matin, j’arrangeais un peu mon site, notamment la page « Qui suis-je » (oui, je travaille aussi le dimanche) lorsque l’envie d’écrire cet article m’est venu.

Après avoir indiqué mes formations, diplômes, expériences professionnelles et personnelles, j’ai réalisé qu’il y avait un point que je n’avais pas développé : pourquoi ?

Pourquoi ai-je résolu un jour de vivre de mes écrits ? Pourquoi ai-je ressenti la nécessité impérieuse de tourner le dos au salariat et aux avantages de celui-ci ? Qu’est-ce qui m’est passé par la tête, honnêtement, pour vouloir exercer un métier des plus hasardeux, avec tous les inconvénients que cela suppose : un accès aux soins limité, des revenus fluctuants, … ?

Je n’ai pas pour habitude de m’étendre sur moi et mes raisons. Cependant, j’ai observé en exerçant ce métier des réactions qui m’ont poussée à m’interroger.

Dans le regard de mes proches tout d’abord. Mon métier intrigue. L’idée de vivre de sa plume paraît folle, idéaliste. Impossible pour les gens « normaux ».

« Ca doit être dur d’en vivre, quand même », voilà ce que j’entends régulièrement. Quand je précise que je m’en sors convenablement et que ma clientèle se développe, je me heurte à la moue sceptique de mon interlocuteur. « Ah, tu as des clients ? Je ne pensais pas ! »

Il y a en eux la certitude que ce projet est voué à l’échec.

C’est vrai, il eût été plus simple de rester salariée ou de passer des concours pour devenir fonctionnaire. Alors que chacun ne jure que par la sécurité de l’emploi, j’ai choisi l’exact inverse.

Pourquoi ? Parce que liberté et sécurité ne sont pas conciliables. Parce que recevoir chaque fin de mois un bulletin de salaire importe moins que la possibilité de travailler comme je l’entends, quand je le souhaite et selon les objectifs que j’ai moi-même fixés.

Parce que rien n’est sûr à cent pour cent dans la vie. Parce que sans prise de risques, on ne peut devenir maître de son existence, on ne peut que la subir.

Parce que le salariat fonctionne de manière pyramidale et suppose nécessairement un dominant et un dominé. Les termes de subordonné et de supérieur révèlent à eux seuls le caractère inégalitaire de ce système. Dans le pays des Droits de l’Homme dont on vante à tous propos les valeurs républicaines, le salariat tel qu’il est conçu n’est pas tolérable.

Parce que je tends à l’insubordination, ou plutôt à l’absence de subordination (car l’insubordination sous-entend qu’il y a subordination au départ). Parce que je ne suis ni esclave ni objet d’un patron. De même, je ne suis le maître de personne, sinon de moi-même.

Parce que je refuse de sacrifier ma vie personnelle au profit de personnes qui me sont prétendument supérieures. Parce que je n’ai pas de comptes à leur rendre.

Parce que, comme vous pouvez le constater, je travaille aussi le dimanche. Parfois. Quand je le décide. Pas parce qu’un patron me l’a imposé.

Faisant parfois des semaines de 50 heures ou plus (je vous rassure, j’ai des semaines plus tranquilles aussi), je n’ai cependant pas l’impression de travailler. Parce que je ne courbe pas l’échine.

Parce que la liberté d’entreprendre est une forme de résistance parmi d’autres. Surtout quand on est relativement jeune. Car la jeunesse n’est pas prise au sérieux, elle doit se retrousser les manches pour prouver sa valeur. Pourquoi aurions-nous à prouver notre valeur à des gens à qui nous ne devons rien ? Pourquoi devrions-nous nous vendre comme un morceau de viande à coup de CV racoleurs et de lettres de motivation serviles ?

Surtout quand on est une femme. Car l’Histoire a été écrite par les hommes, qui ont construit l’idéal féminin sur les bases de la soumission. J’ai eu le plaisir d’étudier dans le cadre de mon mémoire de master la criminalité féminine au XVIIIe siècle et, plus largement, la perception qu’avaient les hommes des femmes et la vision qu’elles avaient d’elles-mêmes. J’ai constaté que les mentalités n’avaient que peu évolué. Notre société est passé par ce que j’appelle des effets de mode, mais la vision traditionnelle de la femme dans son rôle d’épouse et de mère dévouée a toujours prédominé.

Parce que je refuse de me contenter d’un emploi peu gratifiant sous le prétexte fallacieux de ma condition féminine. De même, je refuse d’avoir à me battre plus qu’un homme pour le même emploi, dont la rémunération sera de toute façon revue à la baisse parce que j’ai le « malheur » d’avoir une poitrine plus garnie que l’entrejambe.

Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, j’ai choisi d’exercer ce métier formidable. Écrivain biographe, écrivain public, correctrice. Et auteur également, car ce premier pas vers moi-même m’a incitée à courir vers ce que j’étais profondément.

À terme, je ne sais pas ce que cela donnera. Il se peut que je me plante. C’est très possible. Mais tenir sur la durée n’est pas inenvisageable non plus. En tout cas, c’est un joli pari.

La vie est un jeu. Il ne faut pas prendre tout cela trop au sérieux. Aux incrédules, je veux dire « Osez ! »

Osez vous vivre.

Parce je suis moi en écrivant. Et que je n’entends pas dévier de moi-même. Point final.

3 réflexions sur “Pourquoi ? Parce que…et surtout !

  1. libellule dit :

    Tout à fait d’accord avc cette article !!! Je suis en train de monter ma boîte de création de chapeaux et ça m’a remonté le morale parce que c’est tout sauf évident !

    J'aime

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